« WIFI – Une cinquième bibliothèque débranchée » – Le Parisien

LA BIBLIOTHEQUE Sainte- Geneviève (place du Panthéon, Ve), rejoint le rang des établissements sans Wifi. La direction a en effet décidé de déconnecter les deux bornes qui irriguaient les salles de travail après qu’un employé a exercé son droit de retrait (notre édition du 14 mai). L’homme souffrait de « violents symptômes » qu’il imputait à la surexposition prolongée aux champs électromagnétiques du wifi. 

Il y a quelques mois déjà, à la suite d’une pétition du personnel, une des trois bornes de Sainte-Geneviève avait été débranchée et les deux autres déplacées. Finalement face à l’inquiétude grandissante, la direction a décidé de les arrêter aussi et de convoquer très rapidement un comité d’hygiène et de sécurité exceptionnel avec la présence de l’inspecteur hygiène et sécurité du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (la bibliothèque étant rattachée à l’université Paris III Censier).

Une réunion prévue avec une adjointe de Delanoë

Du côté des bibliothèques de la mairie de Paris, le dossier reste en suspens. Les quatre établissements où la Ville a débranché le matériel cet automne, là aussi en raison d’inquiétudes du personnel, n’ont pas été reconnectés. Des relevés ont été réalisés pour mesurer l’intensité du champ électromagnétique. Les délégués syndicaux Supap, qui suivent de très près le dossier, doivent rencontrer ce matin la nouvelle adjointe au maire de Paris chargée des relations humaines et de l’administration, Maïté Errecart. Pour une première prise de contact. Nul doute que le dossier wi-fi sera à l’ordre du jour de cette rencontre.

« Le Wi-Fi perturbe les bibliothèques » – Le Monde

Quatre bibliothèques de la Ville de Paris ont dû débrancher leurs bornes Wifi face aux inquiétudes du personnel. Dernière en date. la bibliothèque inter-universitaire Sainte-Geneviève, dans le 5è arrondissement. La direction a pris cette décision après qu’un employé eut décidé d’exercer son droit de retrait, en vertu d’un moratoire sur le Wifi, adopté en octobre 2007 par le comité d’hygiène et de sécurité. 

Magasinier depuis quatre ans dans cet établissement, Gabriel Fondet témoigne ; « Les douleurs se sont installées progressivement. Entre les téléphones portables activés, les ordinateurs portables connectés au Wifi, les lampes à fort rayonnement, les antennes-relais de téléphonie à proximité, nous sommes exposés en permanence. « D’autres témoignages lui ont permis de déterminer l’origine de ses troubles. Néanmoins, il reste prudent ; « Les autres sources de pollution électromagnétiques sont à prendre aussi en compte. Le Wifi seul n’est peut-être pas responsable de tous les maux  » , admet M. Fondet. Le syndicat Supap-FSU et les associations Priartem, Agir pour l’environnement et Robin des toits soutiennent les employés. « Certains avancent que les douleurs seraient psychosomatiques. C’est un argument sans preuve ! Nous n’avons aucune prénotion sur le niveau d’exposition à partir duquel les gens souffrent », explique Stéphane Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement. Janine Le Calvez, présidente de Priartem, fait le même constat : « Le Wifi a été développé sans aucune étude d’impact sanitaire. Nous sommes passés du déni des effets à l’incertitude. « 

Les responsables de l’Association française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) ne partagent pas cet avis.  » Nous ne pouvons pas nous permettre d’éliminer d’autres causes, comme le stress, lié à la présence d’antenne de rayonnement. Scientifiquement, on ne peut accorder foi à la thèse des malaises dus au Wifi. Il n’y a aucun trouble connu à court terme estime Olivier Merckel, chef de l’unité agent physique. Face à ces interrogations, la connexion filaire traditionnelle fait son retour comme à la Bibliothèque nationale de France et dans les écoles de Courbevoie (Hauts-de-Seine).

« Bouygues Telecom condamné à démonter une antenne relais »

Le tribunal de Nanterre a ordonné, « pour la première fois » en France, le démontage d’une antenne relais de téléphonie mobile au nom du principe de précaution, estimant qu’il y avait un risque potentiel sur la santé des riverains. Une décision qui pourrait faire jurisprudence.

Bouygues Telecom a été condamné par le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre (Hauts-de-Seine) à démonter une antenne relais de téléphone mobile à Tassin-La-Demi-Lune (Rhône), dans la banlieue lyonnaise, pour « risque potentiel sur la santé », a déclaré, mercredi 1er octobre, l’avocat des riverains de l’antenne, interrogé par l’AFP. Dans ce jugement, rendu le 18 septembre, l’opérateur de téléphonie mobile a été condamné au nom du « principe de précaution ». Il devra, en outre, verser 3.000 euros à chacun des trois couples, riverains de l’antenne incriminée, pour « exposition à risque sanitaire », a annoncé Mr Richard Forget. « C’est un tournant pour la téléphonie mobile », a également expliqué l’avocat sur France Inter. « Le tribunal constate qu’il y a un débat scientifique sans donner raison à l’une ou l’autre des parties », a déclaré Richard Forget qui explique que le TGI de Nanterre a estimé, pour motiver sa décision, que « comme ce débat existe, cela signifie qu’il y a un risque potentiel sur la santé des riverains donc il y a lieu d’appliquer le principe de précaution ».

Première condamnation

Soulignant qu’une telle condamnation était « une première » en France, Mr Forget a précisé que le démontage de l’antenne devrait être effectué « dans un délai de 4 mois après la signification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard”. Les trois couples avaient saisi la justice pour « trouble anormal de voisinage », en insistant sur le fait que personne ne pouvait certifier l’absence absolue de risque sanitaire. 
Associations et riverains engagés contre les opérateurs de téléphonie mobile demandent à l’Etat de modifier les normes de puissance d’émission des antennes relais. Plusieurs études scientifiques ont démontré que les normes actuelles ne protègent que partiellement des effets des ondes électromagnétiques, dont les seuils sont pourtant règlementés. Le 17 septembre, une autre plainte, la première au pénal, a été déposée par une famille des Yvelines contre Bouygues Telecom « pour administration de substance nuisible ».

Quand le portable est comparé à l’amiante

Quand les militants anti-ondes estiment notre exposition aux champs électromagnétiques aussi dangereuse que celle subie en leur temps par les victimes de l’amiante, on les regarde avec circonspection. Mais quand l’une des plus grosses compagnies de réassurance mondiale, spécialiste des risques majeurs, faits elle-même le parallèle, on tend l’oreille.

Dans un rapport rendu public en novembre, mais resté discret, la Lloyd’s de Londres s’intéresse aux risques sanitaires à long terme des téléphones mobiles et affirme que la comparaison avec l’amiante est « évidente ». « S’il est prouvé que les champs électromagnétiques provoquent le cancer, les conséquences sanitaires ne devraient apparaître que plusieurs années après l’exposition », souligne la Lloyd’s, qui a confié la rédaction de ce rapport à ses spécialistes des « risques émergents ».

« Le danger avec les champs électromagnétiques, comme avec l’amiante, est que le risque est sous-estimé. Or, ce risque pourrait croître de façon exponentielle et durer plusieurs années. » Pour l’association Robin des toits, qui milite pour une réduction drastique du niveau d’exposition des Français aux ondes électromagnétiques, ce rapport « fragilise la position de déni des opérateurs et de l’Etat qui ont tendance à nier les risques ». « Il n’y a pas plus impartial qu’un assureur, estime Etienne Cendrier, de Robin des toits. Dès les années 1920, des sociétés d’assurance américaines et britanniques avaient refusé de couvrir les risques éventuels liés à l’utilisation de l’amiante. Aujourd’hui, c’est bis repetita avec le portable. »

Selon la Fédération française des sociétés d’assurances, il reste impossible d’apprécier aujourd’hui l’impact sanitaire du téléphone mobile. « Les ondes électromagnétiques relèvent plus pour l’heure d’une menace ou d’une préoccupation que d’un véritable risque chiffrable en termes d’assurances, estime Stéphane Pénet, de la FFSA. Nous n’avons pas assez de recul, de données historiques ni de consensus scientifique, pour évaluer le danger encouru. On ne peut donc pas assurer un risque qu’on ne connaît pas. »

L’Association française des opérateurs mobiles (Afom) déclare, à la lecture du rapport de la Lloyd’s, « très improbable que des assureurs soient un jour poursuivis » par des victimes d’ondes électromagnétiques. « Le rapport rappelle bien qu’il n’existe aucune preuve aujourd’hui d’un lien entre l’exposition aux ondes et des pathologies. Et contrairement aux procès liés à l’amiante, la Lloyd’s estime qu’il sera très compliqué d’établir clairement ce lien et d’exiger en retour des compensations en cas de procès. »

Dans son rapport, la Lloyd’s rappelle que « la majorité des études épidémiologiques montre qu’il n’y a pas de risque croissant de cancer du cerveau ». Mais elle ajoute que, « face à la lente émergence d’impacts sanitaires », l’Organisation mondiale de la santé et l’Union européenne recommandent d’imposer des limites d’exposition du public aux ondes électromagnétiques.

« La téléphonie sans fil présente un problème de santé majeur » – Le NouvelObs – 25/03/2009

« Les effets des champs électromagnétiques sur notre santé sont démontrés », écrivent quatre scientifiques. Les risques: « maladie dégénérative du système nerveux, voire certains cancers ».

Un groupe de scientifiques souligne lundi 23 mars les dangers des champs électromagnétiques, et notamment de la technologie pour les téléphones sans fil. 
 »Les effets des champs électromagnétiques sur notre santé sont démontrés par l’observation clinique de très nombreuses investigations toxicologiques et biologiques et certaines études épidémiologiques », soulignent quatre professeurs, dans une déclaration publiée à l’occasion d’un colloque au Sénat sur l’enjeu sanitaire des technologies sans fil. 
Cette déclaration réunit l’Allemand Franz Adlkofer, coordinateur du projet de recherche européen Reflex (12 équipes dans 7 états membres), le Français Dominique Belpomme (cancérologue), ainsi que les Suédois Lennart Hardell (cancérologue) et Olle Johansson (département de neurosciences du Karolinska Institute). 

« Un nombre croissant de malades » Ces scientifiques pointent « un nombre croissant de malades devenus intolérants aux champs électromagnétiques ». « On ne peut exclure chez eux l’évolution vers une maladie dégénérative du système nerveux, voire certains cancers », écrivent-ils. Pour eux, cette intolérance pourrait « être à l’origine d’un problème de santé publique majeur » et il y a urgence à appliquer le principe de précaution. 
Les technologies sans fil et les champs électromagnétiques pulsés sont accusés régulièrement d’avoir des conséquences sur la santé, même si le débat scientifique reste ouvert sur le sujet. 
 Les Français veulent davantage de régulation L’opinion publique française réclame une plus grande régulation. 80% des personnes interrogées sont favorables (45% tout à fait, 35% plutôt) à ce que le gouvernement réglemente davantage le développement des antennes relais, selon une enquête BVA réalisée à l’initiative des associations Agir pour l’environnement et Priartem. 
16% n’y sont pas favorables (pas du tout 8%, plutôt pas 8%), et 4% ne se prononcent pas (sur 1001 personnes interrogées par téléphone les 13/14 mars selon la méthode des quotas). 
La France, commentent les associations, dispose d’une réglementation « particulièrement laxiste » avec des normes d’exposition maximales plus élevées que nombre de pays européens. 

Principe de précaution Elles demandent l’application du principe de précaution et une baisse « très significative » des valeurs d’exposition maximales aux champs électromagnétiques des antennes relais, « comme le réclame le Parlement européen ». 
Les seuils d’exposition sont fixés en France à 41, 58 ou 61 volts par mètre selon les fréquences (900 MHz, 1.800 MHz ou 2.100 MHz). Les associations réclament que la valeur d’exposition chronique soit fixée à 0,6 V/m. 
Une table ronde sur les effets potentiels des téléphones mobiles et des antennes relais sur la santé sera organisée par le ministère de la Santé le 23 avril, à la demande du Premier ministre.

« Danger sur les ondes » – Nouvel obs

Ordinateurs, télévisions, hi-fi, lampes halogènes, fours à microondes… Sans le savoir, l’homme évolue dans un enchevêtrement d’ondes électromagnétiques créées par des millions de systèmes de communication. Avec le développement fulgurant des technologies sans fil, du téléphone portable au wi-fi, la portée de ces ondes s’est démultipliée. Aujourd’hui, on compte plus de deux milliards d’utilisateurs de cellulaires dans le monde, dont 40 millions en France, et rien ne semble arrêter le développement du wi-fi : l’an dernier, 31000 bornes ont été autorisées. Résultat ? Nous baignons dans un brouillard électromagnétique toujours plus dense. Cet electrosmog, comme l’appellent les Anglo-Saxons, serait un milliard de fois plus puissant que les champs électromagnétiques naturels. Quel est l’impact de cette pollution électromagnétique sur la santé ? Faut-il avoir peur des téléphones portables ? Voire interdire le wi-fi dans les espaces publics ?

Les ondes sont-elles dangereuses

La plupart des ondes électromagnétiques sont très faibles et ne pénètrent pas l’organisme. Ce n’est pas le cas des ondes à hyperfréquences appelées aussi micro-ondes. Lorsqu’elles traversent un organisme biologique, ces ondes interagissent avec ses molécules d’eau. Ces dernières vont s’agiter, se retourner et frotter les unes contre les autres. C’est ce frottement des molécules entre elles qui produisent de la chaleur. Dans le cas du four à micro-ondes, cela sert à cuire les aliments. Or le téléphone portable utilise le même mécanisme pour transporter des données, mais à des doses beaucoup plus faibles : seulement 2 watts contre 800 watts dans un four ! Le hic, c’est que les ondes électromagnétiques émises par la téléphonie mobile sont directement absorbées par le cerveau. Il existe un risque que certaines cellules cérébrales soient affectées par l’utilisation prolongée d’un cellulaire contre son oreille. Toute la complexité du problème est de savoir si ces perturbations sont régulables par l’organisme ou pas.

Que sait-on sur les téléphones portables ?

Au cours des trente dernières années, environ 25 000 articles scientifiques ont été publiés sur les effets biologiques des rayonnements non ionisants, sans qu’on ait pu établir la preuve formelle de leur nocivité. Pourquoi ? Parce qu’on manque de recul : les téléphones portables ne datent que d’une dizaine d’années, le wi-fi est encore plus récent. Tous les regards convergent donc vers Interphone, l’unique programme de portée internationale qui suit depuis dix ans une cohorte d’usagers de téléphones portables souffrant de tumeurs du nerf acoustique, des glandes salivaires et du cerveau. Pour l’instant, sept des treize pays participants, dont la France, ont déjà publié leurs résultats. Ils sont alarmants. Tous concluent à un risque accru de développer un gliome, la forme la plus maligne des tumeurs du cerveau, après une utilisation du cellulaire d’au moins dix ans. Mais attention, temporise la chercheuse Martine Hours, qui coordonne l’étude pour la France au Centre de Recherche et d’Information sur le Cancer (Cire) à Lyon : «Tant que tous les pays n’ont pas encore publié leurs résultats, il est trop tôt pour conclure à un risque significatif.» Ces conclusions rejoignent pourtant plusieurs analyses, dont celle des chercheurs suédois Lennart Hardell et Kjell Hansson, qui montre qu’au-delà de dix ans d’utilisation du cellulaire, le risque de développer un gliome est multiplié par deux et demi ! Une synthèse de 1500 études internationales, le Biolnitiative Working Report, dresse un tableau encore plus effrayant. Elle observe des altérations de I’ADN, une baisse de la production de mélatonine qui régule le stress, une perturbation du système immunitaire, le développement de tumeurs du cerveau, de cancers infantiles, de cancers du sein ou de la maladie d’Alzheimer, etc. S’il y a un risque pour les adultes, il est a fortiori encore plus grand pour les enfants et adolescents. Pourquoi ? Parce que leur boîte crânienne est plus fine, leur système immunitaire plus faible, leur cerveau en pleine croissance. Et qu’ils sont exposés plus longtemps que les adultes à cette technologie.

Quid du wi-fi ?

Comme la dernière génération de téléphones portables, le wi-fi utilise la même fréquence que celle des micro-ondes (2 400 MHz), mais émet sur des distances beaucoup plus courtes et à moindre puissance. Exemple : en restant un an à côté d’une borne wi-fi, on reçoit la même dose électromagnétique qu’en téléphonant d’un mobile pendant 20 minutes ! Officiellement, le wi-fi ne présente donc aucun risque pour la santé et peu d’études lui sont consacrées. Reste que, à la différence des téléphones portables, l’exposition est continue, ce qui pousse l’Agence européenne pour l’Environnement à réclamer davantage de mesures pour réguler son installation. Au nom du principe de précaution, l’Autriche et l’Allemagne ont recommandé l’an dernier d’éviter le wi-fi dans les écoles. En France, après plusieurs plaintes d’employés, la direction de la Bibliothèque nationale de France (BnF) vient de couper l’accès à l’internet sans fil pour installer des Réseaux filaires.

Et des antennes ?

Le flou demeure. Pour l’Agence française de Sécurité sanitaire de l’Environnement et du Travail (Afsset), il n’existe aucune preuve scientifique de leur nocivité car elles rayonneraient de 50 à 60 fois moins que les antennes radio ou de télévision. Pourtant, plusieurs études, dont celle de la ville de La Nora, en Espagne, évoquent un lien significatif entre antennes-relais et certains symptômes, parmi lesquels fatigue, perturbations du sommeil, éruptions cutanées, difficultés de concentration, problèmes cardiovasculaires ou troubles visuels. Récemment, une étude du Dr Gerd Oberfeld, du département de la santé publique à Salzbourg, a conclu à une augmentation significative du risque de cancer dans un rayon de 200 mètres autour des antennes-relais. En France, l’implantation d’une antenne-relais près des habitations n’est soumise à aucune réglementation. Le gouvernement se contente de suivre la Commission européenne qui recommande des seuils de puissance à 41, 58 et 61 volts par mètre selon les fréquences. Des limites bien au-dessus de celles appliquées par la Pologne (6 V/m) , la Suisse (4 V/m) ou le Luxembourg (3 V/m).

SANTE – Les associations jugent les mesures adoptées insuffisantes et restent mobilisées… (20minutes)

Le «Grenelle des ondes» a accouché de dix orientations sur les radiofréquences, présentées ce lundi au cours de sa table ronde finale. Celles-ci ciblent davantage les téléphones mobiles, déjà présentés par Roselyne Bachelot comme le véritable danger, que les antennes-relais. Pour les associations c’est une petite victoire, mais cela reste insuffisant.

Interdire le portable à l’école

Parmi les mesures retenues par le gouvernement, figurent la «proposition d’une offre de SMS exclusive sans service voix», la mise au point de téléphones mobiles sans haut parleur «rendant l’usage de l’oreillette indispensable», et l’interdiction d’utiliser un portable à l’école primaire. Cette mesure étant aujourd’hui du ressort de chaque établissement.

Des propositions qui «méritent d’être soulignées», reconnaissent les associations, qui regrettent cependant «qu’une question de santé publique n’ait pu faire l’objet d’un débat scientifique pluraliste, faute de temps». Agir pour l’Environnement et Priartém se félicitent cependant de leur «pugnacité» qui a eu «pour partie raison des a priori formulés par le Premier ministre et sa ministre de la Santé, présupposant, sans l’étayer scientifiquement, que les antennes-relais n’avaient pas d’effets sur la santé des riverains».

«Des incertitudes»

Les ministres Roselyne Bachelot (Santé), Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique) et Chantal Jouanno (Ecologie) ont en effet conclu que s’il y avait «des incertitudes» concernant les antennes-relais, «personne n’a pu conclure qu’il y avait un risque». Les ministres défendent le «principe d’attention», parce que, disent-elles, il faut répondre aux inquiétudes du public et mettre à sa disposition une «large information». Mais elles soulignent d’emblée qu’actuellement «une révision de seuils réglementaires n’est pas justifiée d’un point de vue sanitaire».

En attendant la publication en septembre d’une étude de l’agence sanitaire concernée (Afsset), elles prônent «un suivi raisonné des seuils d’exposition» au moyen de modélisations mathématiques qui établiraient l’impact sur la qualité du service d’une réduction des seuils. «Le cas échéant», des expérimentations pourraient être menées dans des lieux sensibles de villes volontaires, comme Courbevoie ou Pau.

Des villes test

Selon Janine Le Calvez, présidente de Priartém, il convient de fixer «une valeur d’exposition maximale réellement protectrice des populations exposées», citant à nouveau le 0,6 V/m évoqué de longue date.  L’association des maires des Grandes Villes de France (AMGVF) a souhaité ce lundi que des expérimentations de diminution des champs d’exposition soient lancées «dès cet été» et «à l’échelle des villes». La ville de Grenoble s’est portée candidate.

Pour les associations, le principal acquis de ce Grenelle est «la reconnaissance officielle d’une incertitude, préalable à l’activation du principe de précaution». Elles applaudissent donc les avancées «d’une main», selon Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement. Et si elles ont pour l’heure suspendu leur participation au Comité de suivi qui doit prendre le relais du Grenelle des ondes, elles assurent qu’elles resteront mobilisées «pour prêter main forte aux riverains».

Denis Baupin, adjoint (Verts) à l’environnement à la mairie de Paris, a pour sa part estimé que le «Grenelle des ondes» «restera comme un rendez-vous manqué» et regrette que l’Etat n’ait «pas osé prendre ses responsabilités».