Antenne-relais et téléphone mobile? Comment ça fonctionne ?

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Les antennes-relais font essentiellement référence à l’univers de la téléphonie mobile. Alors que le téléphone classique permet de transformer la voix en champs de radiofréquences, elles réceptionnent ce signal électromagnétique pour en faire un signal électrique. Ce signal peut alors circuler dans les câbles. On parle de téléphonie cellulaire, parce que chaque antenne couvre une portion de territoire, constituant une cellule.

Sans ces émetteurs-récepteurs (connexion dans les deux sens) que sont les antennes-relais, la téléphonie mobile ne serait pas possible. 

Lorsque vous vous déplacez en téléphonant, votre GSM change sans arrêt d’antenne relai pour assurer votre communication, on dit alors qu’il émet à « pleine puissance » pour rester en connexion et vous êtes donc exposé à de fortes ondes électromagnétiques.

Jusqu’a récemment les antennes-relais implantées étaient des BTS (réseaux GSM, EDGE) (2G), cependant, depuis plusieurs années les opérateurs ont implanté de nouvelles antennes plus performantes, des Node B (pour les réseaux UMTS et HSDPA) (3G). Ces dernières, en plus de permettre la téléphonie mobile, offrent un meilleur débit permettant notamment la connexion à internet sur son téléphone ou via une clé dite 3G.
Sans ces émetteurs-récepteurs (connexion dans les deux sens) que sont les antennes-relais, la téléphonie mobile ne serait pas possible. On distingue principalement 3 catégories d’antenne :

  • Les antennes picocellulaires : couverture de proximité (quelques dizaines de mètres)
  • Les antennes microcellulaires : couverture réseau de quelques centaines de mètres (carrefour, centre commercial)
  • Les stations macrocellulaires sont les plus répandues. On les trouve placées généralement sur des supports de 12 à 50 mètres, tels que des pylônes, les bâtiments, les toits d’immeubles…

En milieu rural, ces antennes émettront pour couvrir des étendues de 10 à 30 kilomètres (on limite le nombre de fréquences utilisatrices), alors qu’en milieu urbain la zone de couverture est limitée à 500 m et la puissance répartie sur de nombreuses bandes de fréquences utilisatrices.

Quelles sont les normes qui nous protègent des ondes électromagnétiques ?

Les normes françaises sont données par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non-ionisants (ICNIRP). Elles s’appliquent à tous types d’exposition (pourtant il est bien précisé qu’elles ne sont pas adaptées aux expositions de longue durée).

Les différentes normes

Voici les tableaux récapitulatifs des données tolérées.

Les normes françaises pour les extrêmement basses fréquences

« En marge de ce rapport et des études menées, nos investigations sur le terrain nous montrent que certaines personnes subissent des effets indésirables quand elles sont soumises, à plus ou moins long terme, aux pollutions électromagnétiques. Troubles neurovégétatifs, maux de tête, stress, nervosité, anxiété, fatigue, irritations cutanées, allergie, problème de fécondité, perte de sommeil.

Ces effets sont constatés notamment quand elles sont exposées aux ondes pendant les périodes de repos et de sommeil.

Une vie normale peut être retrouvée après l’élimination ou l’affaiblissement de la source de pollutions électromagnétiques.

On s’aperçoit aussi que nous ne sommes pas égaux face à ces pollutions. En effet, alors que certaines personnes ne ressentent aucune incidence et ne développeront jamais de problèmes, d’autres, soumis à de faibles expositions de pollutions électromagnétiques, vont présenter un ou des symptômes cités précédemment. Pour cette dernière catégorie de personnes dites électro-sensibles (personnes que les pollutions électromagnétiques rendent malade), les seuils du rapport Bio-Initiative doivent être ramenés à des valeurs plus faibles. C’est pourquoi nous préconisons les seuils suivants. »

Source : Les pollutions électromagnétiques, Frédéric Sené

Préconisations

Pour plus d’infos : résumé du rapport Bio-Initiative ou http://www.bioinitiative.org/

Ces études qui sèment le trouble (ce qu’il faut retenir) pour la téléphonie mobile

• Les OEM utilisées dans le cadre de la téléphonie mobile ne sont pas neutres.

• Il faut distinguer les études en laboratoire des études épidémiologiques. Les premières semblent indiquer un effet sur les cellules vivantes et mettre en évidence un potentiel risque pour la santé. Les risques découverts en laboratoire sont corroborés par certaines études épidémiologiques.

• Les conclusions publiées de l’étude européenne Interphone montrent une augmentation du risque de développer un cancer pour les utilisateurs réguliers de téléphones portables depuis plus de dix ans, surtout du même côté.

• Certains chercheurs ayant participé au programme Interphone pointent cependant des biais méthodologiques et refusent de conclurent définitivement. Le nombre d’utilisateurs intensifs pris en compte serait, selon ces chercheurs, trop restreint pour être significatif.

Le rapport BioInitiative se fonde sur 1500 travaux publiés pour établir un risque pour la santé et affirmer que les normes actuellement en vigueur au niveau international ne permettent pas de protéger les populations.

Source : Portables attention danger, Nicolas Lefebvre

Téléphones portables : le principe de précaution (ce qu’il faut retenir)

• Pour les autorités sanitaires, le seul risque avéré est de téléphoner au volant.

• Compte tenu de l’état des connaissances scientifiques, le directeur général de la Santé recommande l’application du principe de précaution quant à l’usage du téléphone mobile.

• Les recommandations de l’Afsset en matière de téléphonie mobile peinent à s’appliquer dans les faits. Seules les dispositions inscrites dans la loi sont plus ou moins suivies.

• Les opérateurs et les constructeurs développent deux stratégies différentes : les premiers collent aux recommandations de l’Etat, les seconds attendent que la loi les y oblige.

• Parmi les mesures qui devaient être votées avec le Grenelle II à l’automne 2009 figurent la mise à disposition obligatoire d’un kit mains-libres pour chaque téléphone mobile vendu, l’interdiction de cibler les jeunes de moins de 14ans dans les campagnes publicitaires et l’interdiction des téléphones dans les écoles maternelles, en primaire et au collège.

• Si les scientifiques se félicitent de ces propositions, ils continuent de réclamer une meilleure application du principe de précaution. Des campagnes d’information devraient selon eux être relancées, notamment afin que les femmes enceintes et les enfants (jusqu’à la fin de leur croissance) n’utilisent le téléphone mobile qu’avec parcimonie ou en cas d’urgence.

Source : Portables attention danger, Nicolas Lefebvre

L’électrosensibilité

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Qu’est ce que l’électrosensibilité ? 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) écrit en 2005 :

« Depuis quelques temps, un certain nombre d’individus signalent divers problèmes de santé qu’ils attribuent à leur exposition aux champs électromagnétiques. Si certains rapportent des symptômes bénins et réagissent en évitant autant qu’ils le peuvent ces champs, d’autres sont si gravement affectés qu’ils cessent de travailler et modifient totalement leur mode de vie. Cette sensibilité présumée aux champs électromagnétiques est généralement appelée « hypersensibilité électromagnétique » (HSEM). »

Quels sont les symptômes de l’électrosensibilité ?

Les symptômes rapportés sont très divers. Il n’existe pas de profil symptomatique spécifique, ce qui signifie que les symptômes peuvent s’apparenter à d’autres troubles ou maladies. Ces symptômes sont également fréquemment rencontrés dans la « population générale ».

Selon l’OMS, l’hypersensibilité électromagnétique « est caractérisée par divers symptômes que les individus touchés attribuent à l’exposition aux CEM. Parmi les symptômes les plus fréquemment présentés, on peut mentionner :

  • symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements et sensations de brûlure),
  • symptômes neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficultés de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs).

Cet ensemble de symptômes ne fait partie d’aucun syndrome reconnu.

Plusieurs auteurs ont analysé les symptômes décrits par des électro sensibles. Dans l’étude de Hillert et ses collègues (2002), le symptôme le plus fréquemment cité est la fatigue, suivie de problèmes dermatologiques au visage, de sensations de lourdeur dans la tête, d’irritation des yeux, de nez bouché ou encombré, de maux de tête, de difficultés de concentration, etc. Röösli et ses collègues (2004), quant à eux, décrivent en ordre décroissant des troubles du sommeil, des maux de tête, de la nervosité/angoisse, de la fatigue, des difficultés de concentration, des acouphènes, des vertiges, des douleurs dans les membres… Les résultats de Schüz et al. (2006) rejoignent les résultats précédents : le symptôme cité le plus fréquemment est la fatigue, suivie de difficultés de concentration, de troubles du sommeil, de lassitude, de mauvaise humeur, d’inconscience, de maux de tête, de sensations de faiblesses.

Chez certaines personnes, on observe une évolution de l’électro sensibilité vers la chronicité. Les conséquences sont diverses : souffrances physiques (sensation de décharges électriques dans le corps, picotements, oreilles qui chauffent, maux de tête,…) et psychologiques (occupation des pensées, état dépressif, stress,…), comportements d’évitement de l’exposition, organisation de la vie du patient autour de ce problème, absentéisme, incapacité de travail, isolement social.

Diagnostic de l’électrosensibilité

Il est difficile d’établir un diagnostic d’électrosensibilité car il n’existe pas de signes cliniques spécifiques objectivés ou de marqueurs patho-physiologiques spécifiques ou sensibles permettant de caractériser cette intolérance. Les symptômes et la souffrance de ces personnes sont réels, ils sont de deux ordres:

  • Liés à la perception d’un risque à l’exposition aux champs et aux craintes engendrées,
  • Liés à l’interdiction du phénomène électromagnétique avec le corps humain.

Dans l’étude de Röösli et al. (2004), les causes suspectées citées par les 167 électro sensibles interrogés étaient en ordre décroissant, les antennes de téléphonie mobile, suivies des GSM, des téléphones sans fil (type DECT), des lignes à haute tension, des transmetteurs de radiodiffusion, des écrans d’ordinateur, des lignes de train/tram, des transformateurs, des écrans de TV, des appareils électriques et de l’éclairage.

Il n’existe pas de réelle spécificité des symptômes en fonction de la source mais le rapport Bioinitiative qui a été validé par le Parlement Européen dans une Résolution votée le 04 Septembre 2008 qui, « vivement interpellé » par ce rapport et considérant entre autres l’hypersensibilité aux rayonnements électromagnétiques, recommande une révision à la baisse des normes d’exposition.

Nombre de personnes touchées par l’électrosensibilité

Le nombre de personnes déclarant souffrir d’électro sensibilité – aussi connue sous le nom d’électro hypersensibilité (EHS), croît chaque année. Selon certains experts et sur simples sondages, en Europe, la population concernée est estimée de 1 à 10 %, et approximativement 10 % des cas signalés d’électrosensibilité ont été considérés comme graves.

Les données présentées ci-contre sont des estimations basées sur des enquêtes réalisées auprès d’un large échantillon de personnes, et au cours desquelles différents types de questions étaient abordées.

  • 3,2 % de personnes électrosensibles en Californie (2005).
  • 1,5 % des répondants se disent électrosensibles en Suède (2002).
  • 6 % de la population allemande se dit électrosensible (2002).
  • 3,5 % des répondants se disent électrosensibles en Autriche (2008).
  • 2,7 % de la population étudiée (en Suisse) (2006) rapportent des effets négatifs sur la santé attribués aux champs électriques et magnétiques. 2,2 % rapportent avoir subi de tels effets dans le passé. Les femmes semblent plus exposées que les hommes (4.5% contre 1.7%)

Reconnaissance du syndrome comme maladie en Suède / amélioration en France de la prise en charge :

L’électrosensibilité est un syndrome reconnu en Suède où il est considéré comme une maladie à part entière. Certaines villes comme Stockholm, s’engage même à payer les travaux de rénovation permettant l’isolement des lieux de vie.

En France, cela n’est pas reconnu comme une maladie mais le gouvernement souhaite que les personnes dites électro sensibles soient mieux prises en considération. Elles se verront par exemple proposer une « prise en charge thérapeutique, médicale et sociale adaptée » à leurs symptômes. Des recherches seront entreprises pour expliquer « ces symptômes et leur lien causal avec les ondes électromagnétiques ».